Discours de Bernard Mathonnat

À l’occasion de l’inauguration du 34 ème festival à L’orange Bleue*, Eaubonne

Monsieur le Maire,

Madame la maire adjointe en charge de la culture, Maryse Meney

Monsieur le Président du Conseil Départemental du Val d’Oise, Cher Gérard

Mesdames et Messieurs les maires,

Madame la directrice régionale de l’Action Culturelle d’Ile-de-France, représentée par Mr Jean-Pierre Dufranc

Madame la Directrice Départementale de l’Action Culturelle du Val d’Oise,

Chère Véronique

Cher Tristan, cher Patrice

Chère Françoise Kohler-Chevreau, cher Alain Léonard,

Chers bénévoles,chers amis et chers Collègues

 

Comme vous le savez tous, l’un de mes objectifs artistiques depuis près de 7 ans est de mettre en valeur une écriture collective au cœur de notre événement.

 

En effet, il ne s’agit pas pour ce moment fort de la vie théâtrale du Val d’Oise d’être un énième lieu ou moment de diffusion mais au contraire de fédérer les forces vives de ce secteur pour élargir les publics du spectacle vivant sur ce département et permettre un temps de prise de risques artistiques et de découvertes mutualisées.

 

Car, comme je l’affirmais l’an dernier en présence du préfet de région et du préfet du Val d’Oise, il est de plus en plus admis par les décideurs que le dynamisme d'un territoire passe incontestablement par l'ouverture qu'il affiche à la modernité, à la création contemporaine, à la recherche, au numérique, à la formation.

 

Chaque année le Festival théâtral du Val d’Oise développe un thème qui sert de colonne vertébrale, de ligne de force à la tenue de cet événement. Le thème de 2015, théâtre et société, thème ô combien prémonitoire, fut choisi bien avant les sinistres évènements qui se sont déroulés en 2015.

 

Le spectacle de clôture l’an dernier à Goussainville, Médina Mérika d’Abdelwaheb Sefsaf, illustrait l’axe de cette année « au-delà des frontières. »

 

Compte tenu du contexte général de grande migration, j’ai tout de suite pensé à ce thème des frontières puisqu’elles sont souvent au centre des débats publics et au cœur même de notre Europe où certains pays aujourd’hui les rétablissent voire construisent des murs ou que d’autre encore censurent et enferment leurs artistes comme aujourd’hui en Turquie.

 

Au même titre que l’article 1 de la  loi « création architecture et patrimoine »  ou comme l’a déjà déclaré par ailleurs le Sénat à travers la loi NOTRe « La création artistique est libre et doit le rester  ».

 

Je considère cet article 1, avec l’ensemble des professionnels au service public de la culture, et ce quelque soit l’orientation de nos collectivités, comme un principe fondateur.

 

De fait la riche et exceptionnelle matière première avec laquelle nous travaillons, l’art, quelle que soit sa forme, théâtre, musique, danse ou arts plastiques, doit se jouer de toutes les frontières, car son propos est le corps même de la liberté d’expression.

 

Cette liberté d’expression pour laquelle la plupart d’entre nous ont défilé si nombreux il y a un peu plus d’un an !

 

Or on ne peut la concevoir sans son corollaire, la liberté de circulation, ce qui implique l’abolition de nos propres frontières personnelles ou de styles artistiques !

 

Cette prise en compte de la dimension culturelle et artistique des politiques publiques est urgente et ceci doit se faire tout en dépassant les clivages incontournables et démocratiquement indispensables au bon fonctionnement de notre vie publique, ce qui n’est pas évident dans ces périodes d’élections permanentes,  j’en conviens.

 

Toutefois nous ne pouvons que déplorer l’absence de ces thèmes dans les débats publics actuels ! Les artistes et intellectuels par ailleurs sont aussi co-responsables de cet état de fait ! Ne nous dédouanons pas, c’est le moment pour le dire !

 

Mais revenons à notre propos central sur la notion de frontières.

 

Les artistes, eux, font éclater le plus souvent ces considérations de frontières et ils jonglent de plus en plus avec le mélange des genres et des techniques qu’elles viennent, du cirque, de la musique, du cinéma, de l’écriture, de la danse, du numérique...

 

Mais la frontière au sens littéral c’est aussi « faire front » et aujourd’hui il s’agit bien d’un combat contre les ennemis de la liberté d’expression.

 

J’exprime là encore, je crois, à l’instar de tous mes collègues programmateurs et professionnels, le souhait que la culture puise ses ressources et plonge profondément ses racines dans des territoires et des terroirs précis qui lui donnent toute sa «flaveur», mais parallèlement il nous semble aussi indispensable de lutter contre toute forme de communautarisme.

 

Ce sont les dimensions universalistes que développent ces divers particularismes culturels qui nous passionnent et que nous voulons et devons vous faire découvrir. Culture internationale et non mondialisée.

 

Il me plait de penser aussi, que le théâtre fait « front » aux ennemis de la liberté d’expression et que celui-ci est et reste très certainement l’un des dernier garde-fous pour la défense de valeurs républicaines les plus universelles que possibles.

 

Chez les Grecs le « front » était aussi considéré comme le « miroir des sentiments ». Que le théâtre ait cette fonction me semble une évidence et me sied entièrement, surtout lorsque l’on sait que pour les citoyens Grecs le « front » était aussi le reflet de la pudeur et de l’impudence.

 

De fait, bien souvent, la création contemporaine oscille entre ces deux pôles que sont la pudeur d’un côté et de l’autre l’effronterie audacieuse, voire cynique.

 

La culture et le théâtre utilisent avec délectation toute cette palette de sentiments pour nous amener, avec nos publics, dans un état d‘émotion nous permettant de nous construire en nous livrant ainsi les outils de compréhension du monde dans lequel nous vivons. »

 

Le spectacle de ce soir donné par le Théâtre Majâz en est une parfaite illustration ! Qu’il me soit permis de vous demander de les applaudir à nouveau.

 

Je remercie enfin toute l’équipe du festival tout particulièrement Emmanuelle, Vincent, Héloïse, Christiane ainsi que Gwen et Hugo nos deux stagiaires, Isabelle notre attachée de presse et David notre régisseur qui travaillent dans des conditions de flux tendus et sans réelles perspectives sur l’avenir de notre entreprise.

 

Je tiens à adresser aussi mes remerciements à notre nouvelle présidente Lucile Bodson dont la compétence éclaire notre équipe en associant notre nouveau conseil d’administration et son nouveau bureau. Et bien évidemment nos deux vices présidents Jany Lalande grâce à laquelle j’ai pu faire évoluer notre festival pendant ces sept dernières années et Michel Lacoux qui nous suit attentivement depuis de si nombreuses années. L’ensemble des bénévoles de notre festival.

 

Je remercie aussi tous nos partenaires mais surtout l’ensemble des artistes, poètes, techniciens que nous côtoyons quotidiennement et qui sont partie prenante dans ce 34ème festival.  Ce sont eux qui font, avec nos publics, la réussite de ce festival.

 

Car ce sont ces artistes qui nous aident vraiment à atteindre cette part de rêve indispensable à chacun d’entre nous et d’autant plus vitale, il me semble, en cette période troublée qui cherche ses repères.

 

Tout en continuant à prendre nos rêves pour des réalités car nous croyons à la réalisation de nos rêves… à tout le moins encore un an pour votre serviteur, et ce malgré les nombreux obstacles qui font partie de ce type de parcours, que nous essayons de franchir grâce à vous tous.

 

Nous vous convions donc pour cette 34 édition à une programmation très variée et d’exigence comprenant de nombreuses créations que nous accompagnons.

 

En réaffirmant haut et fort qu'il ne doit pas y avoir une culture pour les riches et dotés et une autre pour les pauvres précarisés mais l'exigence d'une culture pour tous.

 

Je vous invite, avec l’ensemble de notre équipe à un « voyage artistique » riche de surprises et de belles découvertes.

 

A ce sujet et pour vous faire sourire puis-je finir par vous raconter un conte de Tomi Ungerer dont j’ai lu à mes enfants de nombreuses histoires quand ils étaient jeunes et que je continue à lire à mes petits enfants aujourd’hui et qui date des années 90… Celui de Flix le chien édité à l’école des loisirs. Car qui d’entre vous ne connais pas cet immense auteur et dessinateur pour enfants ? Il  confirme lui aussi à son niveau qu’un grand projet artistique pour enfant est aussi un grand projet pour adulte !

 

Donc à Chatville vit un couple Félin menant une existence heureuse, Alice et Théo Lagriffe. Tous deux étaient en bonne santé. « Chéri bientôt nous serons trois » dit elle à son « minet » d’époux, le bonheur était total !

L’accouchement se passa au mieux mais le petit avait un drôle de visage aplati, tout fripé, les oreilles tombantes « comme il est mignon ! » susurra maman Lagriffe, comme toutes les mères !

 

Mais incroyable c’est un chien !

 

Cela défraya la presse ! Parents chats, fils chien !

Une monstruosité génétique !.

 

L’arrière, arrière grand mère avait eu une amourette avec un chien de passage…

Des générations après un caprice de la nature que voulez vous !

 

Néanmoins pour son baptême on lui choisi comme parrain monsieur le professeur  Médor Klops, un ami médecin basset de son état, de la ville d’à côté,  Clébardville  Président de l’association anti tabac!

 

FLIX le chien grandit et apprend la langue des chats avec un accent chien. Il ronronnait même en s’endormant !

 

Son oncle lui apprenait la langue des chiens, malgré sont accent chat ! Pourtant personne ne jouait avec lui à l’école à Chateville et à Clébardville….

 

Il apprenait à nager, ce qui lui permis entre autre de sauver une petite chatte de la noyade et le rendit très populaire chez les chats !

 

Après de brillantes études universitaires il épousa une superbe caniche « Mirzah de la Fourrière » qu’il sauva d’un incendie à Clébardville.

 

Flix le chien constata aussi qu’à Clébarville comme à Chatville il y avait des quartiers où vivaient des lévriers  Afgans, des Pékinois, des bergers allemands.

 

Chez lui à Chatville c’étaient des Siamois, des Somaliens, des Abyssins, des Balinais, des Javanais.

 

On célébra bien sûr le mariage en grande pompe où chiens et chats chantèrent la marche nuptiale ! 

 

Il rentra même en politique en fondant UCC « Union des chats et des Chiens » Parti qui militait pour : l’école mixte, le respect mutuel, les même droits pour tous ….

 

Et quand il fut bien, évidemment, maire des deux villes Mirzah lui murmura  dans le creux de l’oreille : « chéri nous serons bientôt trois », et il l’accompagna toute la durée de l’accouchement en lui tenant la patte ! C’est une fille ! FLIX le chien était au comble de la joie, et le premier cri de leur fille fut MIAOU !

 

Bon festival 


Le programme du 34e Festival


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